En mode "moment présent", même avec tes enfants. C'est possible !


Voici l'histoire de l'une de mes amies, qui a devancé le corona virus avec sa famille


Fan d'éducation et de tout ce qui touche de près ou de loin à la parentalité, je suis naturellement très en pensée avec les familles, durant cette période de confinement obligatoire.


Ce virus nous amène à réfléchir à énormément de sujets; celui de l'éducation ne déroge pas à la règle : devoirs à la maison, totale journée (voire semaine entière) avec ses enfants. J'imagine que quelques prises de consciences s'opèrent quant à l'encadrement "standard" des enfants dans notre société.


Quand j'oeuvrais encore en espace de vie enfantine, je me questionnais énormément sur le temps passé en famille. Tout est devenu obligation : travail, école, devoirs, crèches. Pourtant, même si certains professionnels exercent très bien leur travail, il n'en reste pas moins que la sécurité affective et donc interne d'un enfant s'élabore avec ses parents. C'est son point d'ancrage.


Nous vivons en 2020 me direz-vous, les familles se modernisent et ont plus de liberté : des parents osent enfin se séparer et mener une vie qui leur inspire d'avantage. Ou alors, d'autres reprennent des études en cours de route. Certes et heureusement ! Certaines situations requièrent parfois de l'aide extérieure, j'en conviens, vivons avec notre époque.


Mais n'avons-nous pas trop abusé de la petite formule fakée "c'est comme ça, j'ai pas le choix", "Je dois aller travailler, je dois, je dois, je dois..." Vous ne devez rien du tout enfaite. Devoir signifie répondre à une obligation. La seule obligation que vous ayez, est de vivre épanoui sur cette terre et même en matière de travail, il est tout à fait possible de revisiter cette notion pour la concilier avec celle de famille.


Rien de tel que l'expérience de vie, voici l'histoire de mon amie Jeanne (nom d'emprunt) et de son mari, Léo, qui agissent en fonction du moment présent :


Jeanne vit en Suisse Allemande avec son mari, quand elle est tombe enceinte de son premier enfant. Tous deux travaillent, mais voilà que peu avant l'accouchement, Léo est licencié. Un peu déstabilisant pour le couple, mais Jeanne et Léo accueillent cette situation telle qu'elle est. C'est Jeanne qui reprendra le travail et Léo qui restera à la maison, en attendant.


La manière de vivre de Jeanne est teintée par cette maxime :


De toute manière, ça ira ! On trouve toujours des solutions sur le moment.


Quelques années plus tard, Jeanne et Léo ont leur 2ème enfant (je précise d'ailleurs au passage que Jeanne a mis au monde ses 2 enfants à la maison, en mode easy baby). Durant cette période, Léo quitte le chômage de son propre plein gré: l'idée de gagner de l'argent via le chômage ne le convient pas, il écoute donc son coeur sans se poser de question et crée son entreprise seul.


Peu de temps après l'arrivée de leur second enfant, une opportunité s'offre à la famille : reprendre une maison familiale au Jura. Pourquoi pas ? La famille déménage. Léo ne parle pourtant pas français et son entreprise est basé en Suisse Allemande, mais cela ne le freine pas.


Arrivé au Jura, des mandats s'offrent à Léo, dans le cadre de son entreprise. En revanche, Jeanne se met rapidement en réflexion quant à l'éducation de ses enfants et l'idée de les donner à garder ne l'enchante pas. De plus, le travail qu'elle exerce lui plait de moins en moins. Son post est à haut responsabilité, est-ce bien raisonnsable de quitter un tel confort ? Jeanne retourne cette question mille et une fois dans sa tête ; différentes émotions la gagent le soir, elle accueille tous ses ressentis et n'hésite pas à pleurer s'il le faut. Puis, après avoir fait le tour de la question, l'évidence s'impose à elle : Jeanne démissionne, sans aucune sécurité, ni garantie derrière elle. Sa motivation est claire, elle souhaite se créer une vie où elle pourra quand même gagner de l'argent, mais également éléver ses enfants à la maison, avec son mari. Malgré l'inconfort que ce passage de vie lui a procuré, Jeanne est soulagée lorsque sa démission est envoyée.


Jeanne s'inscrit au chômage, on lui propose d'ailleurs de rester à la maison à100%, pendant que le mari travaille ...


#dequoijemeleserieux


2 mois passent et quelques nuits agitées tracassent Jeanne. Elle n'a toujours pas trouvé de travail lui permettant de manifester l'équilibre familial tant souhaité. Pourtant, rapidement, BIM l'univers répond à sa demande. Jeanne trouve le job idéal, qui plus est : elle peut l'effectuer à la maison.


Le couple, soucieux de passer des moments de qualité et de pleine présence avec leurs enfants, s'organisent avec un 60% pour la maman et un 70% pour le papa. Pour autant, Jeanne me confie que pour elle, il est essentiel d'avoir ses moments à elle ; quand elle souhaite réaliser une tâche, elle signifie à ses enfants qu'elle a besoin d'être seule. Lors des moments de jeux, elle n'hésite pas à dire à ses enfants ses propres limites ou envies (par ex, si elle n'a pas envie de jouer à tel jeu, elle le dit !). Elle propose également une alternative qui convienne à tous.


"Il est essentiel pour moi que mes enfants sachent s'affirmer et osent dire non quand il n'ont pas envie de qch. C'est pour cela que j'ose dire ce qui est juste pour moi, à mes enfants".


Les journées de Jeanne et Léo ne sont pas planifiées d'avance. Bien sûr, les moments pour le travail sont réservés. Néanmoins, pour le reste, le ryhtme de la journée est calé sur celui des enfants et de ce fait : no stress ! Pas de nervosité, agacement ou prise de tête collective. Leur secret ?


" Je n'ai aucune attente quant à mes enfants, si mon aînée est propre à 2 ans, c'est ainsi. Si mon cadet est propre à 3 ans, ben c'est ainsi !".


Aucune attente ! Ne serait-ce pas cela la clé du succès dans l'éducation? Nous avons de plus en plus de connaissances sur le développement d'un enfant, sous toutes ses facettes ! Nous souhaitons contrôler la moindre cellule et nous prévenir tout (maladie, malformation...) Mais n'aurions-nous pas oublié la nature de l'être humain ? Et cette nature a un rythme !


L'être humain est pré-programmé, biologiquement parlant, pour marcher, apprendre, et bouffer tout simplement la vie ! L'adulte a souhaité mettre du contrôle sur les apprentissages dits "normaux" d'un enfant. A mon sens, ce contrôle est allé beaucoup trop loin et a engendré tous les hyper-actifs 2020 : tout doit être parfait, tout doit aller vite, il faut faire faire faire faire... Mais en réalité, c'est dans le calme et le repos que l'on se trouve.


Il y a toujours 2 mouvements dans le vie : l'inspiration et l'expiration, la vie et la mort, le haut et le bas, la joie et la tristesse.. Peut-être qu'il serait temps de ré-apprendre à inspirer, au lieu de toujours expirer H24, 7 jours sur 7. Parce que ce mouvement fait aussi partie de la vie et les enfants viennent bien nous le rappeler.


Je remercie Jeanne et sa famille pour ce magnifique modèle de parentalité ! Ils ont fait des choix et ont osé les assumer jusqu'au bout, en pensant qualité et non quantité.


Conclusion, en cette période de rush mondial, Jeanne et Léo ne voient absoluement aucun changement à leur dynamique familiale. Je vous encorage à réfléchir à ce qui est vraiment essentiel pour vous dans la vie, n'attendons pas que l'univers nous envoie un énorme signal #coronavirus pour nous faire bouger. Ce virus est égal pour moi à un énorme burn-out planétaire. Il est temps de remettre de la vie, dans notre vie ! C'est aussi simple que cela. Pour en revenir aux enfants, je ne suis pas sûre qu'un enfant soit mis au monde pour passer le 3/4 de son temps à l'extérieur de sa famille. Quel en serait le sens ? C'est pourtant au coeur de celle-ci qu'il se construit, en misant sur sa sécurité affective, l'enfant pourra d'autant plus être un adulte responsable de sa propre vie ! Et non un hyperactif qui court après lui-même toute sa vie, pour en trouver le sens. C'est l'enfance qui déterminera l'adulte ! Il est capital de miser sur eux, dans le bon sens du terme : à savoir des Hommes responsables et conscients, et non des Hommes qui courent sans arrêt après le besoin de reconnaissances, de réussite, de bonnes notes, et j'en passe.


Love cocooning famille !



Mélanie